Causes de dégradation des patrimoines rupestres sahariens

Les pages de ces Bibliothèques de pierre s’effacent.

Deux origines à ce sinistre: L ’empreinte de la Nature, l’empreinte de l’Homme.

L’empreinte de la Nature se caractérise par :

- L’éclatement des surfaces par la forte amplitude thermique quotidienne et saisonnière, l'alternance de contraintes mécaniques, dilatations et contractions des roches.

- L'écaillage ou la desquamation des croûtes superficielles d'induration aussi
dénommées patines. " Ces croûtes se développent par la concentration de poussières silico-argileuses apportées par le vent et/ou les ruissellements pluviaux et par l'action de microorganismes minéralisateurs, principalement des bactéries, qui fixent et accumulent des éléments métallifères provenant de l'intérieur de la roche : fer, manganèse, calcium(...)Ce phénomène est appelé biominéralisation ". F.Soleilhavoup

L’empreinte de l’ Homme :

- Par «l’Homo touristicus» qui s’adonne à son grand défoulement dans les déserts où il jouit d’une totale liberté d’action et de destruction. Des personnes encouragent le mouillage des parois (réveillant des micro-organisme effaçant les peintures) et l’application de graisses, de crèmes solaires, d’huile afin d’obtenir un meilleur rendu photographique.

- Par certains sahariens qui n’ont souvent aucune idée des musées dans lesquels ils vivent. Les enfants s’amusent fréquemment à dessiner ou à graver sur les fresques. Les maçons utilisent les parois de rupestres telles de simples matériaux de construction. Des centaines de libyco-berbères dans les murs d’azibs, des enclos de bergers...

- Par des pilleurs archéologiques, véritables spécialistes de la scie rotative, du ciseau ou du burin. Des pans entiers sont ainsi découpés, exclus à jamais de leur contexte naturel et d’étude.

   

© Arnaud Contreras / A360