Archive for the ‘Articles’ Category

Archives de l’Adrar des Ifoghas

Samedi, août 20th, 2011

pierre-verger.jpgUn grand bravo à Serge Le Puil qui a passé des milliers d’heures pour créer le site “Archives de l’Adrar des Ifoghas”.  Un formidable travail de collecte de documents, textes, photographies et films sur l’Adrar des Ifoghas. Des images et témoignages précieux, dont de nombreux inédits, notamment les prises de vues aériennes de Kidal au siècle dernier.Le but de Sege Le Puil est de pouvoir un jour rendre ces archives disponibles sur papier au centre culturel  d’Alguel’hoc. Si vous avez des pistes pour l’aider à concrétiser ce rêve, n’hésitez pas à le contacter.Découvrir son site : http://www.archivedeladrardesifoghas.fr

Série tout l’été sur la langue Tamasheq

Samedi, juillet 2nd, 2011

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Le Programme Sorosoro diffusera tout l’été une série de vidéos à la découverte de la langue tamasheq, la langue des Touaregs.

Au fil des semaines, nous apprendrons quelques bases de tamasheq et nous ferons connaissance avec des lettrés touaregs et des musiciens comme Moussa Ag Keyna, du groupe Toumast, ou Abdallah Ag Alhousseyni, du groupe Tinariwen.

Plus d’info sur : http://www.sorosoro.org/la-langue-tamasheq

Image & son : Arnaud Contreras

Conseils linguistiques : Salem Mezhoud et Abdoulahi Attayoub

Montage : Caroline Laurent

 

Un grand merci à  Abdelkrim Touhami. Mohamed Hamza. Moussa Ag Keyna et Laurent Le Nevez de Toumast. Abdallah Ag Alhousseyni de Tinariwen. Mokhtar et Mohamed Zounga, Nicolas Loizillon, Badia Journet et l’équipe d’Akar Akar. Mahmoud Bekkar de Syn Air.  Nadia Bellalimat. Jean-Marc Durou. Fred Miguel. Zaid. Farida Sellal, Samira Clady-Farid et l’équipe du Festival de l’Imzad. Philippe Holvoet. Cornelis Van Voorthuizen. Benoît Auriol. Laurent de Verneuil. Gégoire Cruse. Sidiali Youlansar  (Sakaï). L’équipe du Parc National de l’Ahaggar.

OPNA: Office du Parc National de l’Ahaggar (Tamanrasset)

Jeudi, février 25th, 2010

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Voici un entretien  de très grande qualité réalisé par Fayçal Métaoui avec Farid Ighilariz Directeur du Parc national du Hoggar et initiateur du Festival des Arts du Hoggar qui se déroula à Abalessa (à 80 kilomètres de Tamanrasset en plein désert) du 15 au 20 Février 2010Le musée de L’Office du Parc national de l’Ahaggar (OPNA) est désormais accessible au public à Tamanrasset. Cela permet au moins de se faire une idée précise sur les richesses d’un parc national qui fait presque dix fois la surface de la Suisse, soit 450 000 km2, et dont le patrimoine, autant naturel que culturel, remonte parfois à plus de 3 milliards d’années, à l’aube de l’humanité ! L’OPNA, qui existe depuis 1987, est également un vaste terrain de recherches scientifiques dans plusieurs disciplines comme la préhistoire, la géologie et l’archéologie. Farid Ighilahriz, directeur de l’OPNA, revient sur les menaces qui pèsent sur certaines espèces et sur les mesures prises pour lutter contre le braconnage et le pillage.Le musée est ouvert depuis le 11 décembre 2009. C’est un musée dédié d’une manière générale au patrimoine du Sahara. Il y a un projet d’un autre musée de dimension nationale dont l’infrastructure a été réalisée sur la route de l’Assekrem. Une étude d’aménagement est en cours d’exécution pour cette structure. On l’appellera probablement Musée national du Sahara. On préfère être large et ne pas se limiter à l’Ahaggar seulement. L’aménagement pourrait durer deux ans. Il y aura des maquettes et des reconstitutions. Il sera un musée thématique et didactique avec une scénographie particulière qui permettra une bonne accessibilité des informations au grand public. Cela dit, le parc national est un lieu de pratique du tourisme culturel et scientifique. Mais, c’est également un important terrain de recherche scientifique dans tous les domaines : géologie, archéologie, anthropologie socioculturelle, zoologie, botanique, etc. Il y aune forte demande de la part d’institutions, de centres de recherche, d’universités, de laboratoires algériens et étrangers. Nous invitons les étrangers à passer par une institution nationale. La recherche se fait par le biais d’une convention établie avec cette institution. Nous participons à la recherche sur le terrainComment procédez-vous pour engager vos recherches ? Nous utilisons le système d’informations géographiques qui nous permet d’avoir des données et de les traiter avec les moyens informatiques et avec beaucoup de précision. Le parc est habité. Le défi est de lier les exigences du progrès avec les impératifs de conservation du patrimoine. Ce n’est pas facile. Cela dit, nous sommes à chaque fois associés par les autorités locales à toutes les décisions relatives au développement. Nous avons reçu beaucoup de moyens matériels depuis 2003, mais nous avons un manque en matière d’encadrement.Ou se situe le besoin en matière d’encadrement ? Nous avons besoin immédiatement de spécialistes en écologie, zoologie, botanique, archéologie et en anthropologie. Il n’y a pas de mesures incitatives. Considérant les salaires, la cherté du billet d’avion et l’éloignement, les diplômés ne sont pas intéressés pour venir à Tamanrasset. Au niveau local, on ne trouve pas ces personnes qualifiées. On commence à ressentir les conséquences du manque d’encadrement. Toutes les institutions ici, souffrent de cette carence. Ceux qui sont venus, il y a dix ou quinze ans, commencent à partir. Je tire la sonnette d’alarme donc. Le parc emploie actuellement 500 salariés dont 97 % sont des locaux. Le parc est le plus grand employeur de la région. Nous avons besoin de gens qui ont une connaissance particulière du terrain. Nous avons une bonne collaboration avec le Parc national du Tassili. Nous avons des programmes annuels communs liés à des missions de terrain ou d’inventaires. Le parc recèle beaucoup de richesses en faune et en flore et des vestiges archéologiques.-Quelles sont les menaces qui pèsent sur ce patrimoine ? Le parc lui-même est une mesure de protection. Au sein de sa superficie, il y a des monuments, des vestiges archéologiques, des éléments de la faune et de la flore ayant une grande importance sur le plan scientifique, qui sont rares et qui sont menacés de disparition ou d’extinction. Les sites archéologiques le sont également. La particularité des vestiges archéologiques du Sahara est qu’ils se trouvent en surface. Il n’y a pas de sédimentation par rapport au Nord où il faut creuser. Ici, les vestiges et les outils préhistoriques sont au ras du sol. Il suffit de connaître, de se baisser et de ramasser. D’où ce caractère fragile des vestiges sahariens. Les plantes et les animaux vivent dans un milieu aux conditions climatiques extrêmes. Ils sont dans de petites niches écologiques. Il suffit de perturber ces niches et c’est toute la chaîne qui est déstabilisée. Le guépard, qui a fait sa réapparition dans l’Ahaggar, est fortement menacé également. Le guépard est donc menacé ? Absolument. C’est un prédateur qui se trouve à la tête de la chaîne trophique. Il est vrai qu’il n’a pas de concurrent, mais il est menacé par l’homme. L’homme pense que le guépard est un danger pour son cheptel de chèvres ou de chameaux. Une recherche effectuée par un étudiant algérien fait ressortir l’existence d’une trentaine de guépards dans l’Ahaggar. Il peut y en avoir plus. Nous n’avons pas de chiffres précis. Le guépard saharien vit dans un territoire isolé des autres bêtes, du reste de l’Afrique, comme celles du Niger ou de la Namibie. Cette situation est due à la barrière saharienne. Le guépard de l’Ahaggar n’a pas subi de croisement .C’est ce qui fait son importance.C’est une souche pure qui vient de loin. Il y a aussi cette pratique du braconnage et de la chasse à l’aide de projecteurs qui menacent les espèces même si elle a baissé en intensité du fait d’une sensibilisation continue des autorités et de la population. Il y a deux types de braconnage : à l’arme à feu et au projecteur et aux pièges. Il y a une quantité considérable de pièges. La chasse traditionnelle est toujours tolérée. Cette chasse sélective participe à la préservation. Les jeunes bêtes et les femelles ne sont pas chassés.Faut-il adopter une loi sévère contre le braconnage ? La loi nationale existe et protège différentes espèces menacées. Les animaux sont répertoriés sur une liste. L’amendement de la loi 83/251 en 1996 a autorisé le rajout de certaines espèces comme les chauves-souris. Il y a aussi les lois universelles. Il y a un projet de loi pour la protection de toutes les espèces qui existent en Algérie, au Sahara, dans les montagnes et dans la mer. Ce texte, qui est en préparation, portera une liste complète dressée par le ministère de l’Environnement. Le braconnage n’est pas propre à l’Algérie. Il faut penser peut-être à d’autres moyens par exemple des chasses organisées quand c’est possible. Il faut que les autorités, à tous les niveaux, s’impliquent davantage dans l’application de cette loi et dans la sensibilisation.On ne protège pas contre la population mais avec. Sans l’aide de la population, on ne peut pas couvrir un territoire de 500.000 km2. Cette aide permet de limiter le phénomène du braconnage et l’atteinte aux végétaux. Il y a un abattage des arbres qui touche surtout les acacias. Cet arbre n’est pas menacé, mais sa destruction est massive. Nous avons l’avantage, ici dans l’Ahaggar, d’avoir des forêts d’acacia. Il y a des endroits où il n’y a aucune atteinte grâce à l’implication de la population. Il ne suffit pas d’avoir des lois ou des agents de surveillance.- Le pillage des œuvres a-t-il baissé ? Les touristes tendent, il est vrai, à ramasser des objets. La plupart des visiteurs du parc passent par l’aérogare de Tamanrasset. A la sortie, il y a un contrôle des bagages par les policiers et les douaniers. Ils sont assistés par des agents de l’OPNA. Nous avons installé depuis trois ans un poste où nos agents sont omniprésents. On récupère tous les objets. Il s’agit souvent de cailloux ayant des formes ou des couleurs particulières prises comme des souvenirs. Il est vrai que ce n’est pas méchant, mais nous sommes obligés d’être un peu extrêmes pour préserver le patrimoine. Nous ne tolérons pas à ce qu’un grain de sable sorte du parc.La première année de l’installation du poste, nous avons récupéré énormément d’objets. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je suppose que cela est dû à la sensibilisation. Il faut que les agences de tourisme s’impliquent dans la sensibilisation des touristes qu’elles ramènent en visite au parc. Nous ne cessons pas de mener des actions. Il existe des agences de voyages qui respectent l’environnement et qui récupèrent ou détruisent les déchets laissés après les bivouacs. Malheureusement, ce n’est pas le cas de toutes les agences. Et là, nous sommes obligés d’organiser, avec la collaboration de certaines agences, des campagnes de nettoyage du site. 

Tourisme: Entre Tradition et Modernité

Samedi, janvier 23rd, 2010

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Du 14 au 16 Janvier nous étions à Tamanrasset entre tradition et modernité…., splendide rencontre autour de l’Imzad préparée et présentée par l’association “Sauvez l’Imzad”, au milieu d’une ville entrant de jour en jour par sa taille, son activité, ses édifices dans l’espace des cités modernes. Mais elle est aussi l’un des futurs centre moderne du tourisme saharien, certes encore confidentiel mais qui ne manquera pas dans les années à venir d’accueillir des voyageurs du monde entier curieux de cet univers et de cette culture.
Ce sont des fils de caravaniers qui ont été dans les années 70 les pionniers de cette aventure : ils s’appellent Mokhtar Zounga, Ahmed Elbaïr, Mohamed Rouani, Azoum, Mustapha, Kenken…. et bien d’autres. Avec eux nous avons vécu à bord de leurs vieux lands un morceau d’histoire des caravanes.

Les voyages étaient de grandes expéditions durant lesquelles ils suivaient les pistes caravanières, car les traces des pneus n’y étaient pas encore. Pas de GPS, pas de téléphone satellitaire, c’étaient les montagnes, les oueds et le sens des dunes qui les guidaient comme ils l’apprirent enfants de leurs pères.
La caravane étaient pour eux l’apprentissage de la vie, de très longues journées de marche, des mois d’absence, un quotidien harassant…mais aussi la plus grande école de formation : géographie du parcours, des populations, sens du commerce, noms des plantes, des animaux, des étoiles et parfois le soir autour du feu des légendes et contes touaregs pour la formation des plus jeunes.
Toute cette science, cette culture ancestrale ils la racontaient aux voyageurs que nous étions, attentifs et curieux.
Les années passent et voilà les nouvelles générations, relève de la jeunesse qui n’a pas connu pour beaucoup cette initiation au désert, mais qui garde au profond d’elle-même ce besoin de retourner au tinariwen, au ténéré. Ils l’aiment comme leurs pères ce grand sud saharien, mais il leur manque cette école du désert. Ils veulent apprendre pour communiquer et il est encore temps…les anciens sont tous là, alors pensons à toute cette jeunesse qui va vivre de ce tourisme.
Tamanrasset à 2000 kimomètres d’Alger a son université, Tamanrasset doit avoir un institut de formation des guides sahariens ou a coté de l’apprentissage des langues étrangères, des moyens de communications modernes, de la protection de l’environnement, leurs pères pionniers de ce tourisme viendront leur transmettre toute cette culture orale en arabe ou en tamasheq que le voyageur moderne attend d’eux…
Au bivouac il est temps de retrouver leur culture plutôt que d’entendre nos vieilles devinettes , il est temps de jouer avec eux dans le sable avec les petits cailloux( il ya des dizaines de jeux aussi passionnant que les échecs!!!), il est temps de les entendre nous parler de leur vie,  leur pays, leurs légendes, de connaitre ces plantes médicinales….le nom des montagnes, des étoiles ( comme les filles de la nuit) . Le vrai tourisme saharien est à ce prix… il faut aussi sauver ce patrimoine.

Le chant des dunes

Mercredi, décembre 16th, 2009

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Les dunes savent-elles chanter ?

Sahara.
Le calme règne sur l’étendue désertique. Seules quelques tiges d’herbe ondulent au souffle du vent. Doucement, un léger murmure monte du sol. Bientôt, c’est une mélodie assourdissante qui envahit l’air. Mais d’où vient ce chant ? Les dunes seraient-elles les sirènes du désert
Mystérieux, ce chant est en fait connu depuis longtemps. Déjà, au 12ème siècle, Marco Polo mentionnait l’existence de ces dunes chantantes dans ses écrits de voyage. Mais toutes les dunes ne savent pas chanter. Jusqu’à aujourd’hui, seule une cinquantaine ont été recensées dans les déserts du monde entier, principalement en Asie et en Amérique et quelques unes au Sahara dont celles de Moul N’Aga dans le Massif de la Tadrart
Ce chant est émis lorsqu’une avalanche se déclenche dans la face la plus pentue de la dune et il dure jusqu’à ce que l’avalanche atteigne le pied de la dune. Pendant la chute, les grains de sable de la dune se mettent tous à vibrer au même moment. Il semblerait que ce soit ce frottement qui soit à l’origine de ce chant. La puissance sonore de ce phénomène peut être réellement impressionnante, à tel point qu’on a souvent l’impression qu’un avion passe dans le ciel !
Vous voulez entendre ce chant envoûtant ? Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de se rendre dans le désert pour l’entendre. Vous aviez rêvé, ils l’ont fait : une équipe française de physiciens a inventé la machine à faire chanter le sable !

Estelle Coquin, musicienne, Audrey Manning, philosophe et Stéphane Douady, chercheur au CNRS nous font partager leurs expériences et leurs découvertes, issues de leurs nombreux voyages aux pays des dunes qui chantent.

Le CD dure environ 58 minutes et se compose de 3 parties :
• Sons naturels : enregistrés sur 4 continents par Stéphane DOUADY (chercheur CNRS) et Audrey MANNING (philosophe),
• Une pièce musicale : composée par Estelle COQUIN (musicienne et fondatrice d’une troupe de théâtre),
• Une sonothèque : série d’échantillons de sons bruts.

http://www.krissnature.net/article-27396822.html

Nostalgie:L’arbre du Ténéré

Dimanche, mai 31st, 2009

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TENERE : Il y a de quoi devenir fou ou être pris comme tel lors que l’on commence à parler du Ténéré. Que l’on fasse dire ce que l’on veut aux chiffres, c’est vrai, ils sont là et sont écrasant. Ainsi dire que le Ténéré, en y incluant les ergs de Bilma, est grand comme la France (550 000 km2) c’est une chose, mais dire que sur ce territoire il n’y a que 9 villages, c’est déjà plus angoissant !!!! mais si l’on va plus loin jusque dans l’absurde, on découvre que la densité de population est environ 15 000 fois inférieure à la nôtre soit un habitant pour 160km2. Un chiffre d’autant plus faussé car cette population n’est pas disséminée mais au contraire regroupée dans les seuls endroits vivables c’est à dire Bilma, Fachi et Dirkou pour le centre, Dibella, Agadem et Ougou Bezedinga pour le sud et Séguidine, Chirfa et Madama pour le nord. le plus petit de ces villages a à peine une centaine d’habitants et le plus important un millier
C’est dire à quel point le reste du Ténéré peut être vide. Il n’y a rien sinon du sable, des plaines caillouteuses, du reg…………

Mais jusqu’en 1973, au centre du Ténéré, il y avait ………un arbre .Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’unique arbre du Ténéré a été déraciné en 1973 par un camionneur libyen. Cet énorme tahla (variété d’accacia) dont les racines plongeaient à plus de 40 mètres dans le sol pour atteindre la nappe phréatique, se trouve actuellement au musée de Niamey. Sur son emplacement, entouré de fil de fer barbelé (sûrement contre les camionneurs libyens ?) trois arbustes chétifs s’essayent à maintenir la tradition de ” l’Arbre du Ténéré

Les feux de Tin Hinan

Jeudi, janvier 15th, 2009

Hommage à Cheikh Samadate, fondateur des Amis du Hoggar et du festival de Tin Hinan, à Abalessa, sud algérien, disparu récemment.

J’ai rencontré Samadate il y a trois ans, quelques jours avant l’ouverture de son festival. Dans le bureau de Moktar Zounga, il déployait toute son énergie à convaincre les personnes présentes dans la pièce de contribuer à la réussite de son entreprise.
Quelques jours plus tard nous nous retrouvions au pied du tombeau de Tin Hinan.
À quelques heures de “l’ouverture”, il me bombarde “directeur artistique” du festival. En résumé, il me demande conseil pour savoir où placer les tentes principales, comment les orienter, où les voitures devaient être parquées…

Dans l’euphorie poussiérieuse de ce terrain, je lui glisse entre autre l’idée d’allumer à la nuit tombée des feux autour du tombeau de Tin Hinan. Ses yeux brillent. Rallumer la flamme de la reine, de la mère originelle des Touaregs. Tout un programme.

Trois heures plus tard, les tentes sont en place, face à la montagne du tombeau. Une partie du public s’installe à l’ombre des tamaris, sur les branches.
Quatre heures plus tard, un ballet incessant de 4×4 provoque un nuage de poussière, de sable, dont émergent les boucliers et épées des troupes de guerriers. Une ambiance cinemascope.

La nuit tombe. Tinde et chants, odeurs et volutes.

Je croise Samadate. “J’ai demandé pour le feu”. me dit-il.
“Pas possible”reprend-il après un silence. Il pointe du doigt une voiture blanche et verte.

Ce jour-là, je n’ai pas pris beaucoup de photos. Et ce soir en regardant ma planche contact, tous les souvenirs renaissent.
Puissent ces images du Hoggar et de son festival réchauffer le coeur de sa famille, de ses proches, des amis de Tam et du Hoggar.

Photographies par Arnaud Contreras
http://arnaudcontreras.com
Musique: “Amidine wa dagh nohar timtar”, par Terakaft
http://www.myspace.com/terakaft

Les Amis du Hoggar en deuil

Dimanche, janvier 11th, 2009

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Notre ami Cheikh Samadat nous a quitté.

Président de l’association « les Amis du Hoggar »Cheikh Samadat s’est tué juste avant la nouvelle année dans un accident de voiture alors qu’il se rendait à la fête du chameau de Timiaouine.
Depuis maintenant quatre années Cheikh Samadat organisait avec le village de Abalessa le festival de Tin Hinan pour commémorer celle qui est considérée comme la reine des touaregs du Hoggar.
Ne dispensant pas ses efforts pour que ce rendez vous annuel ait lieu , il avait à cœur de rassembler autour du mausolée de Tin Hinan un grand nombre de participants à la fois du grand sud algérien et des pays limitrophes comme le Mali ou le Niger.
L’association « Les Amis du Hoggar » continuera l’œuvre de Samadat .Nos pensées vont vers sa famille et ses enfants.

Visa pour Victor Hugo

Samedi, janvier 10th, 2009

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Nassour est à un an de la retraite .Depuis plus de 27 ans il enseigne le français dans la petite école communale de Outoul, petit village saharien à 20 kilomètres de Tamanrasset. Il aime son métier par-dessus tout, il parle un français très imagé et plein de poésie….mais il n’est jamais allé en France et essaye de puis deux ans de réaliser ce rêve « impossible »…voir le pays de Victor Hugo comme il dit !!
Premier obstacle : les frais de voyage. Une petite cagnotte a été faite en France par de bons amis pour son séjour, mais il lui faut payer son voyage et trouver le moyen le plus économique, car il a une famille nombreuse, des enfants à l’université et un salaire très serré.Pas question d’avion c’est inabordable pour lui, alors le voyage se fera d’abord en bus de Tamanrasset à Alger (2000 kilomètres et 36 heures de route), puis il prendra un fauteuil sur un des bateaux qui rejoint tous les deux jours Alger à Marseille en 24 heures ….là il sera attendu pour la suite du périple.

Mais pour partir vers la France qu’il veut connaitre depuis si longtemps il faut un visa et là tout se complique pour lui :la procédure pour lui qui est à 2.000 kilomètres d’Alger est un terrible parcours :il va lui falloir ouvrir un compte en devises, une attestation d’accueil, une attestation de travail, des bulletins de salaire, une assurance rapatriement, des photos d’identité…somme toute rien de très anormal ; mais surtout il faudra qu’il se rende lui-même à Alger à 2000 kilomètres de son village pour déposer son dossier, sans une seule faute sinon il sera rejeté, revenir chez lui et attendre la réponse pour revenir à Alger chercher son passeport avec ce visa qu’il attend depuis si longtemps. Il aura fait au total 8.000 kilomètres avant d’avoir ce sésame vers la France ou il ira acheter des livres de Victor Hugo.

La théière chez les touaregs

Dimanche, septembre 14th, 2008

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Si dans l’imagerie populaire le chameau reste encore, malgré le Toyota, le moyen de locomotion du touareg, la théière est probablement l’ustensile le plus répandu dans tout le Sahara. Aucun déplacement, aucune tente, aucune maison, aucun lieu ou l’on peut se réunir n’est « habité » par les théières !!!.Elles sont partout, de toutes tailles, de toutes les couleurs et oublier ses théières ou ne pas en avoir serait une faute impardonnable, comme ne pas avoir sa boite du meilleur thé et du sucre en poudre.
La cérémonie du thé au Sahara est un acte quotidien indispensable et rituel, avec toute une préparation et ses règles précises suivant les régions ; préparer le thé est une alchimie savante qui a ses « maitres » et l’on goute le thé comme l’on pourrait déguster un grand cru.
Les trois thés seront réussis selon la sagesse populaire :Si l’eau et bonne, Si l’on a le temps pour la discussion et bien entendu Si la compagnie est bonne. Voilà l’un des secrets.

Les touaregs du Mali, contrairement à ceux du Hoggar ou il est indispensable de disposer de deux théières pour transvaser l’eau qui a longuement bouillie dans une deuxième théière et ou l’on a mis le sucre , mélangent pour bouillir l’eau, le thé et le sucre dans une seule théière et à la fin de la cérémonie les feuilles de thé imbibées de sucre sont données aux jeunes enfants qui les sucent comme une friandise.