Archive for the 'Histoires' Category

sept 28 2009

La dune

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En fin d’une longue journée de méharée, au moment ou le ciel prenait ses plus belles couleurs, un touareg du Hoggar et son fils  installèrent le bivouac face à l’immensité du désert et dans le calme et la douceur de la nuit qui descendait doucement
Le regard perdu vers l’infini le touareg se mit à parler doucement comme s’il parlait à lui même tout en observant son fils assis à coté de lui…puis il écouta les dunes qui parlaient entre elles, lui qui était habitué à les entendre chanter.
Je me sens triste dit une dune en constatant que les autres dunes étaient plus grandes qu’elles.
Les dunes autour de moi sont si hautes, si belles et moi je suis si petite, si fragile »
Une autre dune lui répondit :« Ne sois pas triste. Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches à l’apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature »
« Ne suis donc pas une dune ? »
« La dune n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu n’es que du sable »
« Du sable ??? »
« Oui. Si tu comprends que ta nature est du sable, tu n’accorderas alors plus d’importance à ta forme de dune et ton chagrin disparaîtra

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fév 12 2009

L’hôpital de Tamanrasset

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Je suis allé à l’hôpital de Tamanrasset pour y voir des amis de la ville qui étaient malades et voici l’histoire que j’ai connu un jour
Deux hommes, gravement malades, occupaient la même chambre
Il y avait un vieux touareg de Tazrouq petit village du Hoggar et un commerçant qui venait de Ghardaia à 1600 kilomètres au nord de Tamanrasset
Le Touareg, devait s’asseoir tous les jours dans son lit pendant une heure afin d’évacuer les secrétions de ses poumons.Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre, et elle n’était pas bien grande.Le commerçant de Ghardaia devait passer toutes ses journées, couché sur le dos.

Les deux hommes se parlaient pendant des heures, car ils n’avaient pas beaucoup de visites.Ils parlaient de leurs femmes et de leurs familles, décrivaient leur maison, leur travail et les endroits où ils avaient voyagé et celui de Tazrouk avait fait de très longs voyages avec les caravanes puisqu’il était allé au Niger et au Mali.Et chaque après-midi, quand le touareg dans le lit près de la fenêtre pouvait s’asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu’il voyait dehors.L’homme dans l’autre lit commença à vivre pour ces moments d’une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur que son ami lui décrivait.

De la chambre de l’hôpital, la vue donnait sur le désert, la montagne Adriane et l’oued Tamanrasset. On pouvait voir les camions qui arrivaient du Niger chargés par des tonnes de marchandises, les chameaux qui arrivaient du Hoggar, et les enfants qui jouaient au ballon au milieu de l’oued .
Pendant que le touareg près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l’homme de l’autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait ces scènes pittoresques.

Les jours et les semaines passèrent et le touareg continuait à décrire ce qu’il voyait de la fenêtre de la chambre de l’hôpital
Un matin, l’infirmier trouva le corps sans vie du touareg près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil.
Attristé, il appela les aides soignants pour qu’ils viennent prendre le corps.
Dès qu’il sentit que le temps était venu, après le départ de son ami, l’autre homme, , demanda s’il pouvait être déplacé à coté de la fenêtre.
L’infirmier, heureux de lui accorder cette faveur, s’assura de son confort, puis le laissa seul.
Lentement le malade se souleva un peu, en s’appuyant sur un coude pour jeter son premier regard dehors.
Enfin, il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami, lui avait décrit. Il s’étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit.

Or, tout ce qu’il vit, fut un mur !

L’homme demanda alors à l’infirmier pourquoi son ami décédé lui avait décrit une toute autre réalité.
L’infirmier répondit que l’homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur.

Peut-être a-t-il seulement voulu vous encourager à vivre, lui dit il.

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jan 03 2009

Conte saharien pour la nouvelle année

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A travers un voyage en caravane dans le Hoggar  nous allons au cours de ces quelques pages accompagner un père et son fils partant a pied et a dos de chameau pour rejoindre un campement a plusieurs jours de marche de Tamanrasset Tout au long de ce voyage le père , a travers de courtes histoires, de contes et de réflexions fera l’éducation de son jeune fils sur les valeurs essentielles de la vie:
Tout conte, tout proverbe cachent un message et c’est a travers les contes que les touaregs enseignent l’ensemble des règles de comportement
Rien ne peut échapper au talent de conteur du touareg et les thèmes qui sont le plus souvent repris sont : la nuit, les étoiles, le chacal, le moula moula « oiseau du voyageur et porte bonheur »,les dunes de sable et aussi le chameau, le chacal et la gazelle
Il traduit ainsi tout l’imaginaire de la société touarègue

Un vieux nomade apprend la vie à son jeune fils Un combat a lieu à l’intérieur de moi même dit il à son jeune fils. Un combat terrible entre deux chacals L’un est mauvais : il est colère, envie, avidité, arrogance, apitoiement sur soi même culpabilité ,ressentiment, mensonges, vanité, supériorité….et l’autre est bon, joyeux, pacifique, serein, humble, bienveillant, généreux, croyant…..Le même combat a lieu en toi même mon fils et à l’intérieur de tout le monde. Le jeune garçon écouta son père, réfléchit un moment puis il demanda 
Père, QUEL SERA LE CHACAL QUI VAINCRA ?
Le vieux nomade leva les yeux vers son fils et lui répondit:
« Celui que tu nourris , mon fils 

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fév 26 2008

Une histoire du désert: Dis moi pourquoi…

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Les gens de la parole disent:
Un matin une petite caravane de chameaux était partie bien chargée avec toutes les provisions de semoule, de dattes, de viande séchée, de quelques belles guerbas(outre en peau de chèvre) pleine d’eau pour le voyage, de belles couvertures multicolores pour les nuits en bivouac, et de quelques petites marmites de cuivre pour les repas
La journée de marche était terminée et autour du petit feu pour cuire la galette sous le sable et préparer le thé, le père et le fils se reposaient en silence.
Le désert, est le jardin de Dieu. Les animaux et la végétation y sont rares pour que rien n’y vienne disperser la pensée.

Ainsi, le touareg et son fils se reposaient paisiblement dans le désert, quand l’enfant a demandé à son père:
-Papa…Le ciel, pourquoi il est bleu ?
Le touareg a réfléchi, puis a répondu:
-Mon fils, je ne sais pas…
Ils ont continué de se taire. Et puis, de nouveau, le fils a demandé
-Papa… Et le sable, pourquoi il est jaune ?
Une fois de plus, le père a répondu:
-Je ne sais pas
Ils ne parlaient toujours pas…

-Papa… Et les arbres ,eux, pourquoi ils sont verts ?
-Le père lui répond calmement….Je ne sais pas mon fils !

L’enfant s’inquiète:
-Mais ,papa, ça t’embête si je te pose autant de questions ?
-Non, mon fils, au contraire ! a répondu le père.

Il faut que tu poses des questions, sinon comment tu sauras ?
Ce soir là le petit touareg s’est endormi avec autant de questions à poser encore à son père qu’il y avaient d’étoiles au dessus de lui dans le ciel…..

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