Hommage à Cheikh Samadate, fondateur des Amis du Hoggar et du festival de Tin Hinan, à Abalessa, sud algérien, disparu récemment.
J’ai rencontré Samadate il y a trois ans, quelques jours avant l’ouverture de son festival. Dans le bureau de Moktar Zounga, il déployait toute son énergie à convaincre les personnes présentes dans la pièce de contribuer à la réussite de son entreprise.
Quelques jours plus tard nous nous retrouvions au pied du tombeau de Tin Hinan.
À quelques heures de “l’ouverture”, il me bombarde “directeur artistique” du festival. En résumé, il me demande conseil pour savoir où placer les tentes principales, comment les orienter, où les voitures devaient être parquées…
Dans l’euphorie poussiérieuse de ce terrain, je lui glisse entre autre l’idée d’allumer à la nuit tombée des feux autour du tombeau de Tin Hinan. Ses yeux brillent. Rallumer la flamme de la reine, de la mère originelle des Touaregs. Tout un programme.
Trois heures plus tard, les tentes sont en place, face à la montagne du tombeau. Une partie du public s’installe à l’ombre des tamaris, sur les branches.
Quatre heures plus tard, un ballet incessant de 4×4 provoque un nuage de poussière, de sable, dont émergent les boucliers et épées des troupes de guerriers. Une ambiance cinemascope.
La nuit tombe. Tinde et chants, odeurs et volutes.
Je croise Samadate. “J’ai demandé pour le feu”. me dit-il.
“Pas possible”reprend-il après un silence. Il pointe du doigt une voiture blanche et verte.
Ce jour-là, je n’ai pas pris beaucoup de photos. Et ce soir en regardant ma planche contact, tous les souvenirs renaissent.
Puissent ces images du Hoggar et de son festival réchauffer le coeur de sa famille, de ses proches, des amis de Tam et du Hoggar.
Photographies par Arnaud Contreras
http://arnaudcontreras.com
Musique: “Amidine wa dagh nohar timtar”, par Terakaft
http://www.myspace.com/terakaft